La bataille des 35h00 recommence!
Les 35h00 sont encore mises au banc de la société. Elles sont responsables de tous les maux : chômage, salaires en baisse, concurrence
déloyale des autres pays etc, etc...
Que ce soit le gouvernement, les représentants de l'UMP ou les grands patrons, tous
mentent pour asservir encore et davantage les classes laborieuses.
En effet :
"La durée du travail est en moyenne de 34 heures par semaine aux Etats-Unis, à comparer avec une durée de 36 h en
France, de 32 h en Grande-Bretagne et de 29 à 36 heures dans les principaux pays européens, pour l'ensemble des emplois à temps plein et à temps partiel. Ces valeurs peuvent surprendre. Elles
proviennent pourtant des statistiques officielles de chaque pays.
(*) Pour une durée légale du travail de 35 heures par semaine en France, la durée effective moyenne est de 39 heures pour les emplois à
temps plein et 36,3 heures pour l'ensemble des emplois. Par comparaison, ces durées sont inférieures en Grande-Bretagne : 37,2 heures pour les emplois à temps complet et 31,7 heures pour
l'ensemble des emplois. Elles sont aussi inférieures aux Etats-Unis et dans plusieurs pays en Europe".
Alors ? La France fainéante? Travailler plus pour gagner moins. Voilà ce que recherchent nos dirigeants.
Il ne faut pas se leurrer. Si la semaine de travail passe de 35h00 à 37 ou 39h00, les salaires eux, resteront figés sur 35h00 ! C'est déjà le cas dans de nombreuses entreprises.
Quant aux heures supplémentaires, parlons-en :
« Il faut que ceux qui veulent gagner plus, puissent travailler plus… »
Belle absurdité. Mieux : belle "entourloupe" !
Le texte prévoit que désormais le travail au-delà de 35h00 sera rémunéré 25% de plus que les heures normales quelle que
soit la taille de l’entreprise. (Allez-y voir si c’est appliqué dans les petites entreprises!).
Les heures supplémentaires seront dégrevées de cotisations salariales (environ 22%) et surtout de l’impôt sur le revenu. (Quel cadeau!).
C’est vraiment prendre les gens pour des billes ! Les salariés ne seront jamais libres de travailler plus. Vous connaissez une entreprise où le salarié dit à
son patron : « Bonsoir patron, vous pouvez y aller, je fermerai la porte, vous inquiétez pas, je finis mon job et rentrerai vers 23h00 à la maison… » ?
Les heures supplémentaires relèvent bien évidemment de la seule décision de l’employeur. Il est fort à parier que le
nombre actuel de travailleurs effectuant des heures sup. (environ 30%) ne bougera pas d’un iota. En outre, malgré le coût que ce projet représente pour l’état (6 milliards d’euros), leur
gain en revenu disponible sera faible : 0,6% s’ils travaillent à temps plein et 0,02% s’ils travaillent à temps partiel. (cf : étude des
économistes de la banque HSBC).
En revanche le cadeau pour les contribuables les plus aisés est considérable. Sans effort supplémentaire les 10% les plus riches se partageront la moitié des 13
milliards d’euros que représente le « paquet fiscal » en réduction, voire en suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune et les successions.
C’est la justice de nos nouveaux gouvernants !
Riposte le 19/08/2008
Un lecteur que je remercie pour avoir consacré du temps à parcourir mon blog, me fait parvenir un document - de Jacques Marseille professeur
d’économie à la Sorbonne - sous forme de tableaux comparatifs entre pays (document que je ne peux malheureusement pas publier avec la version
d’over-blog que j'utilise, format du fichier oblige), apportant la contradiction à l'étude sur laquelle repose ma réflexion.
Il ressort tout de même de ce document intitulé : Les Stats du Professeur Marseille.
"Pour la France, le compte n’est pas bon. La collection de tableaux commentés (plus
d’une centaine!) que présente Jacques Marseille, dans son dernier ouvrage renvoie une image trouble du pays. Certes il y a matière à optimisme quand Marseille fait parler les statistiques sur la
fécondité ou sur l’attrait que la France exerce sur les investissements étrangers. Mais on butte aussi rapidement sur les maux du pays. Le pouvoir d’achat stagne. Le nombre de smicards en
proportion des salariés est le plus élevé d’Europe. Un mauvais bilan symbolisé par le fait que la France est au cours des dernières années le pays européen qui s’est révélé le plus incapable de
réduire son endettement public. Pas étonnant, dans ces conditions, que les classes moyennes s’inquiètent et que le pays tout entier broie du noir : la consommation d’antidépresseurs a été
multipliée par cinq depuis 1980. Jacques Marseille ne prétend pas avoir réponse à tout. Mais, avec ses tableaux, il nous offre des pistes. La crise du logement social ? Saviez-vous que c’est
sous le gouvernement Jospin que la France a interrompu son effort de construction ? Les 35h00 ? C’est à elles que l’on doit le record de la France qui est l’un des pays d’Europe où l’on
travaille le moins.(*) (Mais qui a le plus haut rendement par
individu! NDLR).
Vous avez dit stagnation ? Marseille parle, lui, de traumatisme : les
Français n’ont plus confiance dans leurs hommes politiques. La démocratie est en risque. Une bonne raison de se plonger dans les statistiques du professeur ".
(*) La contradiction provient très certainement de la prise en compte de différents paramètres qui
entrent en jeu pour les calculs. N'empêche que l'analyse du professeur laisse un goût amer sur la situation de la France.
Et je continue et persiste à croire que l'allongement de la durée du travail n'apportera rien de plus, ni à la relance de l'économie du pays, ni aux salariés eux-mêmes ! Il
n'y a qu'à voir la situation dans laquelle se trouve l'Europe actuellement ! Quant à la qualité de vie de tout un chacun elle y perdra très certainement.
C’est la société ultra libérale qui est malade et la mondialisation qui paupérise toutes les populations. Alors "travailler plus pour gagner plus" ne veut rien dire
en cette période de forte récession, pardon, de ralentissement comme dit si bien, avec la langue de bois, notre premier Ministre.
Derniers Commentaires